Le pouvoir des vêtements
au travail

C’est l’été. Il fait chaud. Les tenues deviennent aussi légères que l’humeur. Les jupes et les pantalons raccourcissent, les décolletés s’exposent et les chandails bédaine reviennent en force dans les rayons des magasins. Sans oublier l’absence de soutien-gorge remarqué chez certaines demoiselles. Au travail, cette combinaison infime de tissus donne des sueurs froides aux gestionnaires. Voici quelques conseils de pros pour intervenir auprès d’une employée.

Le vêtement est un outil de vente puissant. Il révèle des indices précieux sur la personne qui le porte, comme sa personnalité et sa créativité. Mais il indique aussi les valeurs, les aspirations, le souci du détail, la rigueur et le désir de se démarquer de l’employée. Qu’on le veuille ou non, le vêtement renforce ou nuit à la crédibilité de celle qui le porte. Et cela a un impact à la fois sur son marketing personnel et sur celui de la compagnie dans laquelle elle travaille.

Un leader fournit les bons outils à ses employés

Selon un sondage réalisé par Léger Marketing en 2012, 71% des gens avouaient juger leur interlocuteur au premier regard dans les rencontres d’affaires. Donc, près de trois professionnels sur quatre ont déjà une opinion d’une personne avant même qu’elle ouvre la bouche. Experte ou non dans son domaine, la crédibilité de cette personne est mise à l’épreuve dès les premières secondes si elle ne se présente pas de manière professionnelle.

Comme gestionnaire, il semble toujours délicat d’intervenir auprès d’une employée qui met ses atouts physiques de l’avant, consciemment ou non. Pourtant, un leader doit donner les bons outils à ses employés pour leur permettre de performer dans l’entreprise. Lorsqu’on reconnaît la valeur intrinsèque du vêtement comme outil numéro un pour se vendre et se différencier, il devient plus facile d’en discuter avec la personne concernée.

Selon Marie-Claude Pelletier, présidente de l’entreprise de stylisme professionnel Les Effrontés: « L’objectif n’est pas de pointer l’employée du doigt, de la critiquer ou de lui dire qu’elle a commis une erreur. Au contraire. On doit l’inspirer et lui faire prendre connaissance de tout son potentiel. Il faut lui expliquer comment elle bénéficiera d’un simple changement vestimentaire. »

Inspirer, motiver, amener à se dépasser

Un leader donne l’exemple à ses collaborateurs, mais pousse aussi à l’action. Il doit initier le changement. Pour y arriver, plusieurs options s’offrent à lui: une discussion ouverte avec la personne concernée, une politique vestimentaire pour l’entreprise, une conférence ou une formation sur le sujet pour les employés.

Amorcer la discussion avec une employée peut être difficile. « Le vêtement est émotif. On lui associe des souvenirs. C’est pourquoi les gens se sentent souvent attaqués lorsqu’on parle de leur apparence », avance Marie-Claude Pelletier. Il faut donc enlever l’émotion du vêtement et parler de bénéfices concrets pour l’individu, comme l’influence sur sa carrière et les possibilités de promotion.

Dans plusieurs compagnies, l’intervention est la responsabilité des ressources humaines. Dans d’autres entreprises, le supérieur immédiat demeure le décideur et le preneur d’action. Chez Cossette, une agence de publicité regroupant 470 employés au Québec, chaque gestionnaire est responsable de son équipe. Le programme de formation interne Campus Cossette fournit un cadre d’intervention et des conseils aux gestionnaires. Ces derniers se rencontrent régulièrement en groupes de discussion pour parler des enjeux des ressources humaines et pour trouver des solutions.

Si l’entreprise songe à mettre en place une politique vestimentaire, elle doit être précise dans la description de ce qui est acceptable ou non. « Les politiques sont souvent vagues et laissent place à interprétation », avoue Mélina Roy, CRHA. Ainsi, on peut accepter le port du jean, mais les jeans troués sont interdits. Chez Aldo, la règle informelle est simple pour les jupes: « Si le bas est de la même hauteur que le bout de tes doigts lorsque tu es debout, la longueur est acceptable. »

Une avenue constructive est de faire appel à des entreprises spécialisées comme Les Effrontés pour faciliter la communication de cet enjeu au travail. Leurs conférences et leurs formations sont interactives et suscitent la participation des employés. Tous apprennent comment maximiser leurs atouts. Cette approche favorise leur compréhension et leur implication, à court et à long terme. Le but de l’intervention: dévoiler le potentiel des employés, les inspirer et les motiver à amorcer un changement positif pour eux-mêmes et pour leur carrière. La conférence la plus populaire est Votre image parle, que dit-elle? Plusieurs thématiques sont offertes, selon les besoins de l’entreprise.

Petits changements, grand impact

S’habiller professionnellement renforce notre pouvoir d’influence sur les autres. Mélina Roy, CRHA renchérit: « On adopte souvent l’attitude qui vient avec les vêtements que l’on porte. » Une employée qui se présente en blouse, avec un veston et des talons, semble plus crédible et sûre d’elle-même. Inconsciemment, les gens sont davantage réceptifs à cette personne qu’à celle qui présente une tenue moins soignée. Elle rajoute: « Quelqu’un m’a dit un jour: Si vous arrivez à la maison le soir et vous n’avez pas envie de vous changer, vous n’êtes pas habillée de manière professionnelle. »

L’apparence vestimentaire permet aussi d’accéder à des postes convoités. Un sondage effectué par Les Effrontés, auprès de responsables des ressources humaines et chefs d’entreprises à Montréal, révélait que 98% des décideurs estiment que l’image a une influence considérable sur l’embauche et la promotion des employés. À compétences égales, la personne qui soigne son image aura toujours un avantage sur l’autre. L’erreur la plus courante est de s’appuyer sur ses compétences et de faire abstraction de son branding personnel. L’apparence influence la carrière, en bien ou en mal.

Porter des vêtements professionnels accroît le leadership. Un individu qui a de l’influence sur ses collègues, l’appui de ses patrons et la considération de ses clients devient un acteur-clé dans l’organisation. Ces atouts lui confèrent du pouvoir pour faire avancer ses projets dans l’entreprise.

Lorsque des efforts vestimentaires sont portés à l’équipe, les bénéfices se décuplent. Les gens s’accordent mutuellement plus de crédibilité. On assiste à moins de commérages sur les tenues peu convenables des collègues. En somme, les gens sont plus réceptifs les uns envers les autres. Un plus pour l’entreprise.

Du point de vue du client, l’équipe semble davantage mobilisée et plus apte à répondre à ses besoins. On n’a qu’à penser à une présentation client où toute l’équipe se révèle sous son plus beau jour. Le groupe semble solide, organisé, efficace et confiant. « Cependant, il faut faire preuve d’une grande intelligence émotionnelle et professionnelle pour s’adapter au client ainsi qu’à la culture organisationnelle de sa compagnie. On s’habille différemment pour rencontrer une firme d’avocats et le Cirque du Soleil », convient Mélina Roy, CRHA.

L’entreprise dont l’image est professionnelle possède une longueur d’avance sur ses compétiteurs. Bien sûr, l’image ne remplacera jamais les compétences. Mais une combinaison des deux est un avantage stratégique qu’il ne faut pas sous-estimer. Même si l’habit ne fait pas le moine.


Bon succès!
Sabrina C. Professionnelle & Fabuleuse… en devenir!

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1 Comment

  1. Les tenues de travail sont de plus en plus ergonomiques, fonctionnels et confortables. Ils s’adaptent toujours plus aux évolutions des métiers, aux morphologies également, aussi bien masculines que féminines. Certains vêtements de travail intègrent même des textiles innovants qui permettent de proposer des tenue toujours plus technologiques, résistants et d’une excellente qualité.

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