Un jour, elles nous sauvent la peau. Le lendemain, elles nous épuisent, on les déteste et on aimerait les éliminer à tout jamais. Pendant ce temps, elles augmentent encore et toujours. Les heures supplémentaires: alliées ou ennemies?

Périodes de rush interminables. Échéanciers irréalistes. Pitchs. Charge de travail excessive. Manque de ressources. Départ de collègues, maladie ou arrêt de travail. Tant de facteurs qui décuplent les heures supplémentaires dans l’industrie des communications. Ajoutons à cela des standards de performance très élevés, un domaine en continuelle évolution et une incompréhension récurrente du temps requis pour livrer la marchandise de la part des clients. Résultat: l’overtime explose.

L’urgence entraîne le temps supplémentaire

Le temps supplémentaire demeure profondément ancré dans l’ADN de notre industrie. Pourquoi? Nous agissons souvent en réaction aux urgences de la journée, de la semaine et du mois plutôt qu’en mode proactif. Quand on planifie à l’avance, on réfléchit et on analyse la situation sous tous ses angles. On prévoit alors toutes les ressources requises pour ses projets, on établit un échéancier précis et on livre « généralement » à temps.

Or, les agences de communication ne peuvent opérer de la sorte. Une grande flexibilité s’avère primordiale pour répondre aux demandes ponctuelles des clients et aux exigences de la société. Ainsi, les priorités de production en communication changent régulièrement d’une semaine, voire d’une journée à l’autre.

Même avec les meilleures intentions du monde, arrimer réactivité et efficacité demeure un exercice quasi impossible. Plusieurs décisions irréfléchies se prennent d’ailleurs dans l’urgence du moment. Comment rattraper le temps perdu à cause des réorganisations de l’agenda et des inévitables erreurs? En temps supplémentaire, bien sûr.

Sans grande surprise, le consommateur québécois est souvent infidèle. Et l’accès rapide à l’information en ligne lui rend service quand il compare l’offre des grandes marques et détaillants. Il recherche le meilleur prix, mais aussi le meilleur service. Qui pourrait bien lui en vouloir après tout. On lui ressemble un peu, non?

Les annonceurs, eux, sont « cocus ». Et ils n’aiment pas ça. Ils doivent constamment se renouveler et se démarquer pour attirer et conserver leurs clients. Lorsque le principal concurrent propose un nouveau produit révolutionnaire à prix mini, la réplique doit être immédiate. Vous, professionnels des communications, entrez donc en jeu. Peu importe l’heure affichée sur l’écran de votre ordinateur et vos priorités du moment.

Les annonceurs réclament donc nouveauté et rapidité à leur agence de communication. Et, comme tout bon consommateur, ils aiment eux aussi magasiner, flirter avec la concurrence. Avec un budget de plusieurs milliers, voire de quelques millions de dollars. Pas étonnant alors que le domaine des communications soit si compétitif. La guerre des parts de marché est violente à tous les niveaux. La pression aussi.

Quand les technologies s’en mêlent

Les gens sont connectés en permanence: au bureau, à la maison, pendant le transport, à l’épicerie. Il n’est pas rare de recevoir des courriels du « boulot » à toutes heures. Même au gym. Même pendant la nuit! Vous savez, lorsque que vous rêvez à vos « urgences » du lendemain… Pire encore. La personne qui envoie le courriel s’attend généralement à recevoir une réponse immédiate ou très rapide. Le « surtemps » ne dort jamais. Vous non plus d’ailleurs (ok, on exagère un peu… à peine).

Le web, cet outil de travail génial, devient aussi un couteau à deux tranchants. Il accentue le recours systématique à des données chiffrées et l’accessibilité à l’information. Les agences mesurent maintenant la pertinence de chaque action marketing et « optimisent » les campagnes en « temps réel ». Comme les annonceurs exigent un retour sur l’investissement pour chaque dollar dépensé, les résultats priment d’abord et avant tout. Et quand notre performance nous définit, on ne compte pas nos heures de travail. C’est la course contre la montre.

Que dire des médias sociaux! Si Jacqueline ou André publient leur mécontentement sur la page Facebook de notre entreprise, on n’attend pas. On rectifie le tir rapidement. La satisfaction du client est primordiale; les profits, cruciaux.

Alors on retrousse ses manches et on travaille le matin, le midi et le soir… En n’oubliant quand même pas de magasiner les meilleures aubaines de la semaine pour son épicerie. Ou les nouveaux modèles de voitures de l’année en vue de notre renouvellement de contrat chez le concessionnaire. Un consommateur consomme.

Ne manquez pas la suite de cet article

Partie 1: Les heures supplémentaires: entre amour et haine
Partie 2: Les heures supplémentaires et la productivité
Partie 3: Le « surtemps » et le stress (bientôt sur ce blogue)
Partie 4: Le temps supplémentaire coûte cher (bientôt sur ce blogue)
Partie 5: L’équilibre chez l’employé et l’employeur (bientôt sur ce blogue)

Que pensez-vous des heures supplémentaires: alliées ou ennemies?

Sabrina C. Professionnelle & Fabuleuse… en devenir!

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